Pistes de Méditation

HOMELIE DU DEUXIEME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE ANNEE C 2019

Jean 2,1-11

Lorsque nous utilisons le mot « miracle » dans notre langage courant c’est souvent pour dire un événement extraordinaire, scientifiquement inexplicable. Or une des grandes dérives du christianisme est d’avoir voulu prouver la divinité de Jésus par sa capacité de réaliser des choses humainement extraordinaires à la manière d’un magicien.

Dès le début de son Evangile, Saint. Jean veut mettre les choses au clair, il ne parle pas de miracle mais de « signe », « voilà, dit-il, le commencement des signes ».

Autrement dit, ne vous attardez pas à l’aspect sensationnel ou prodigieux, ne lisez pas l’Evangile au 1er degré mais attachez-vous à la signification.  Ne cherchez pas à distinguer la part d’authenticité et ce qui est la construction littéraire, parce que c’est impossible et ça ne vous aiderait pas dans votre cheminement spirituel.

En réalité, ce 1er récit de la vie publique de Jésus veut décrire comment Jésus opère le passage du judaïsme au christianisme. Ce n’est pas par hasard que Jean commence son Evangile par une histoire de noces, signe de cette alliance entre Yahvé et son peuple. Reprenons-nous donc, si vous voulez bien, simplement le signe, la signification de l’eau et du vin. Qu’est-ce que l’eau ? Qu’est-ce que le vin ?

Pour les juifs, dans ce pays aride, l’eau est une chose précieuse, elle est une boisson qui donne la vie, qui rafraîchit. Mais détail important, l’eau est ici versée dans des cuves de pierre réservées aux ablutions rituelles. Ce petit détail montre très clairement que Jean fait allusion aux rites anciens, de l’ancienne alliance. Or ces cuves sont justement vides, cela signifie que leur temps est fini, c’est du passé.

Désormais ces vases vont servir à contenir une boisson nouvelle : le vin.

Le vin, pour les juifs comme pour nous, c’est la boisson de la fête. Déjà pour les prophètes, le vin était la boisson des temps messianiques, la boisson du Royaume nouveau.

Nous avons donc d’un côté l’eau, c’est-à-dire l’ordinaire et de l’autre le vin de la fête – d’un côté le quotidien à la limite du banal et de l’autre le Royaume de Dieu, la vie intense, profonde, accomplie.

Par ce 1er signe à Cana, Jésus se positionne, il proclame que ce qu’il apporte c’est la vie en abondance – pensez donc il y a là 600 litres de vin de qualité, le meilleur constate le maître du repas et, ce qui n’est pas négligeable non plus : il est gratuit !

Voilà les 3 caractéristiques des temps nouveaux : l’abondance, la qualité, la gratuité. Mais, ce qui importe ici comme pour tous les récits d’Evangile, c’est de se demander : « en quoi cela nous concerne-t-il aujourd’hui ? »

Et bien, à nous comme il y a 2000 ans à Cana, le Christ peut nous apporter cette abondance et cette qualité de vin gratuit.

L’eau changée en vin : c’est notre vie dont la grisaille, la monotonie voire même l’insignifiance est transformée. L’eau de nos vies peut devenir un vin merveilleux. Nos inquiétudes, nos peurs nos petitesses… disparaissent et la joie va l’emporter.

A l’heure comme à Cana où tout le monde croyait que la fête était finie : « ils n’ont plus de vin », Jésus remet en circulation 6 jarres de vin, beaucoup plus qu’il n’en faut, au point qu’aujourd’hui encore nous pouvons en boire, à condition toutefois de « faire ce qu’il nous dira. »

HOMELIE DU 2ème DIMANCHE ORDINAIRE DANS L’ANNEE C (1)

Jean 2, 1-11

A Cana en Galilée, un jour de printemps, il y eut ce jour-là un banquet de mariage. Une jeune mariée, la « Préférée », a fait « la joie de son Dieu » (première lecture). Un vin surabondant a pétillé aux coupes des convives.

Poète et mystique, Jean n’a rien d’un journaliste qui couvre ce mariage. Chaque détail du récit de ce «commencement des signes de Jésus » est un symbole d’une extraordinaire richesse de sens. L’évangéliste ne cherche nullement à piquer notre curiosité. Il veut nous introduire dans le sens profond de notre destinée humaine.

Car le marié de cette noce, et l’épousée de Cana, ne sont pas ce jeune couple villageois dont on ne parle presque pas. Comme l’avait annoncé une longue et belle tradition de la Bible (les prophètes, le Cantique des Cantiques) : Dieu est le véritable Epoux de l’humanité, sa vraie épouse.

Jésus a commencé à révéler sa gloire. La gloire de sa Pâque. L’Epouse non nommée de cette noce, c’est nous. Nous que Dieu aime, en Jésus, pour le meilleur et pour le pire.

« Femme, que me veux-tu ? » Quand viendra l’Heure, il dira sur la croix à son disciple bien-aimé : « Voici ta Mère ». Et ce jour-là l’Alliance entre Dieu et les hommes aura atteint sa plénitude.

 Nous sommes les enfants de cette Femme, de cette Epouse qu’est l’Eglise, représentée par  Marie comme « icône de l’Eglise ».

Elle nous dit encore : « Faites tout ce qu’il vous dira ». La phrase était déjà celle de pharaon renvoyant les Egyptiens à Joseph qui pouvait combler la détresse des affamés (Genèse 41, 55).

Marie s’efface devant son fils et le désigne comme le personnage principal. Le vin manque, signifie que l’amour est gâché dans notre monde, dans notre société, la vie se perd… alors « quoi qu’il  vous dise, faites-le ! »

Et qu’y a-t-il à faire ? Sinon apporter avec tout notre courage l’eau de nos projets humains, avec leurs faiblesses, leurs lassitudes, leurs désespoirs peut-être… et Jésus peut alors y infuser le vin de son amour divin.

 Et Jésus change la loi et la grisaille en explosion de joie et d’Esprit. A Cana, il a anticipé l’heure de sa Pâque et de sa résurrection, afin que les invités de sa Noce ne forment plus en lui qu’un seul Corps dans la diversité des dons de l’Esprit (deuxième lecture).

Oui en ce dimanche de « l’Epiphanie de Cana », laissons-nous envahir par la tendresse du Dieu-Epoux. Si nous sommes mariés, notre couple est « signe », « sacrement », « manifestation » de l’Amour de Dieu.

Si nous sommes célibataires, nous ne sommes pas sans amour, nous sommes « épousés » par le plus grand amour qui soit. Oui, grisons-nous du vin de Cana qui ne cesse jamais de couler à profusion !

Abbé Tchuma KAGOMA AMUNDALA

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MEDITATION SUR LA SAINTE FAMILLE DE NAZARETH ANNEE C LUC 2 41-52

MEDITATION 2 DE LA SOLLENNITE DE NOEL DANS L’ANNEE C J 1 1-18

MEDITATION DE LA SOLLENNITE DE NOEL DANS L’ANNEE C L 2 1-14

MEDITATION DU 4ème DIMANCHE DE L.AVENT DANS L’ANNE

HOMELIE DU TROISIEME DIMANCHE DE L’AVENT ANNEE C L 3 10-18E C L 1 39-45

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